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Timotée Joly, au bienveillant Lecteur ; Au sujet des critiques. Les Contemporaines volume V (1780-1781). — On s’est trompé sur l’idée qu’on s’est formée d’un Livre, qui ne se vend pas sous le manteau.

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  Timotée Joly, au bienveillant Lecteur ; Au sujet des critiques. (+)   Les circonstances m’obligent, honorable Lecteur, d’avoir un entretien avec vous, sur la Suite de ces Nouvelles . Les Quatre premiers Volumes ont essuyé des critiques violentes ; mais ils ont eu aussi leurs Partisans, et même leurs Enthousiastes, jusque parmi les Journalistes. J’avouerai d’abord, que j’ai été surpris de l’idée qu’on s’était formée de l’Ouvrage sur le titre : Un Homme de haute-naissance disait au Libraire : — J’ai parcouru les Contemporaines , et je n’y ai pas trouvé une seule Anecdote connue : Ces histoires peuvent être intéressantes ; la morale en est sévère, sans affectation : Mais le titre annonce toute autre chose ; et bien des Gens, trompés dans leur attente, décréditeront cette Production. J’étais présent ; je répondis : — On s’est trompé sur l’idée qu’on s’est formée d’un Livre, qui ne se vend pas sous le manteau. Je n’ai pas entendu publier la Chronique scandaleuse de n...

"Le secret d'être aimé après quarante ans, et même à tous les âges de la vie, fût-on laid à faire peur." par Rétif de la Bretonne (1774-1780-1781) | "L’amour seul peut nous rendre heureux : d’autres passions flattent quelquefois nos goûts, mais la satisfaction qu’elles donnent est infiniment au-dessous de cette ivresse délicieuse où nous plonge une vraie tendresse. [...]"

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  Le Secret d’être aimé après quarante ans, & même à tous les âges de la vie, fut-on laid à faire peur. (+) L’amour seul peut nous rendre heureux : d’autres passions flattent quelquefois nos goûts, mais la satisfaction qu’elles donnent est infiniment au-dessous de cette ivresse délicieuse où nous plonge une vraie tendresse : en-un-mot, l’on peut dire, que si toutes les passions procurent des plaisirs, la félicité complète est le lot de l’amour. Aimer, c’est exister doublement : être aimé, c’est être un Dieu, car si la Divinité est le centre de toutes choses, l’Amant est le centre auquel se rapportent toutes les pensées de l’Objet dont il est aimé. Il n’est donc rien au monde de plus noble, de plus grand que l’amour ; rien qui ennoblisse davantage notre existence ; & rien qui doive exciter plus vivement les désirs d’un grand cœur. Le moyen d’acquérir ce bonheur, de le fixer, pour-ainsi-dire, est ce que je me propose. Je sais bien que presque tout le monde est aimé, du mo...