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"Le secret d'être aimé après quarante ans, et même à tous les âges de la vie, fût-on laid à faire peur." par Rétif de la Bretonne (1774-1780-1781) | "L’amour seul peut nous rendre heureux : d’autres passions flattent quelquefois nos goûts, mais la satisfaction qu’elles donnent est infiniment au-dessous de cette ivresse délicieuse où nous plonge une vraie tendresse. [...]"

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  Le Secret d’être aimé après quarante ans, & même à tous les âges de la vie, fut-on laid à faire peur. (+) L’amour seul peut nous rendre heureux : d’autres passions flattent quelquefois nos goûts, mais la satisfaction qu’elles donnent est infiniment au-dessous de cette ivresse délicieuse où nous plonge une vraie tendresse : en-un-mot, l’on peut dire, que si toutes les passions procurent des plaisirs, la félicité complète est le lot de l’amour. Aimer, c’est exister doublement : être aimé, c’est être un Dieu, car si la Divinité est le centre de toutes choses, l’Amant est le centre auquel se rapportent toutes les pensées de l’Objet dont il est aimé. Il n’est donc rien au monde de plus noble, de plus grand que l’amour ; rien qui ennoblisse davantage notre existence ; & rien qui doive exciter plus vivement les désirs d’un grand cœur. Le moyen d’acquérir ce bonheur, de le fixer, pour-ainsi-dire, est ce que je me propose. Je sais bien que presque tout le monde est aimé, du mo...

[Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne] L’Amazone, ou la Fille qui veut faire un Enfant. [Vingt-Quatrième Nouvelle, IV volume, pp. 403-436 de la seconde édition des Contemporaines, 1781

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    L’Amazone, ou la Fille qui veut faire un Enfant.   Par Rétif de la Bretonne [Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne] L’Amazone, ou la Fille qui veut faire un Enfant. [Vingt-Quatrième Nouvelle, IV volume, pp. 403-436 de la seconde édition des Contemporaines , 1781] [-]   Dans une Ville de Province, où j’étois en 1759 (*), allant à la promenade du Parc avec des Amis, je remarquai une Dame d’environ vingt-six ans, habillée en Amazone : Elle étoit charmante, & tenoit par la main une Petite-fille mise comme elle, dont les charmes naissans promettoient d’égaler ceux de sa Mère. Je demandai qui elles étoient ? Un jeune Conseiller, de notre société, me répondit : — Cette Dame est un Etre singulier ; elle n’est ni femme, ni fille ; ni sage, ni libertine ; ni estimable, ni à mépriser ; elle a toujours eu horreur du mariage, avec la plus grande envie d’être mère : enfin, c’est une espèce de Monstre, que l’on ne sauroit définir : mais il paraît que la base de son ...